Mais qui est-il ?
Ce que le Verbe était, il l'est resté et il a pris ce qu'il n'était pas.
Il est né, mais il était inengendré de toute éternité.
Il est né d'une femme, mais d'une vierge : il y a là de l'humain et du divin à la fois.
Ici-bas il n'a pas de père et là-haut, il n'a pas de mère : voilà qui relève uniquement de la divinité.
Il fut porté dans le sein de sa mère, mais il fut reconnu par un prophète, porté lui aussi dans le sein de sa mère, et tressaillant à la venue du Verbe, son Créateur.
Il fut enveloppé de langes, mais il se débarrassa du linceul en ressuscitant.
Il fut couché dans une crèche, mais il fut glorifié par les anges, annoncé par une étoile, et adoré par les Mages.
Il fut baptisé en tant qu'homme, mais il a effacé les péchés en tant que Dieu.
Il fut tenté en tant qu'homme, mais il remporta la victoire en tant que Dieu et il nous invite à avoir confiance, car il a vaincu le monde.
Il a eu faim, mais il a nourri des multitudes et il est le Pain vivant et céleste.
Il a eu soif, mais il s'est écrié : " Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive " et il a promis que ceux qui croient deviendraient des sources d'eau vive.
Il a éprouvé la fatigue, mais il est le repos de ceux qui sont fatigués et trop chargés.
Il a été accablé de sommeil, mail il marche sur la mer, il réprimande les vents et il relève Pierre qui enfonçait dans les flots.
Il paie l'impôt, mais en prenant l'argent dans un poisson et il est le roi de ceux qui lui réclament l'impôt.
Il est traité de Samaritain et de " possédé ", mais il sauve celui qui, en descendant de Jérusalem, était tombé aux mains des voleurs.
Il est reconnu par les démons, il les met en fuite, il précipite dans la mer de légions d'esprits et il voit " tomber comme un éclair " le chef des démons.
On veut lui jeter des pierres, mais on ne peut le saisir.
Il prie, mais il exauce ceux qui le prient.
Il pleure, mais il fait cesser les pleurs.
Il demande où est déposé Lazare, car il est homme, mais il ressuscité Lazare, car il est Dieu.
Il est vendu, et à vil prix : pour trente pièces d'argent ; mais il rachète le monde, et à grand prix : par son propre sang.
On le mène à la tuerie comme une brebis, mais il est le berger d'Israël et maintenant de toute la terre.
Comme un agneau il se tait, mais il est le Verbe annoncé par la voix de celui qui crie dans le désert.
Il est infirme et blessé, mais il guérit toute maladie et toute infirmité. Il est élevé sur l'arbre de la croix, il y est cloué, mais il nous rend notre droit à l'arbre de vie.
Il sauve le larron crucifié avec lui et il plonge dans les ténèbres toutes les choses visibles.
Il est abreuvé de vinaigre, il reçoit du fiel en nourriture, mais qui est-il ?
Celui qui change l'eau en vin, celui qui " supprime l'amertume " de notre goût, celui qui est " douceur " et qui est " tout entier l'objet de nos désirs ".
Il livre sa vie, mais il a le pouvoir de la reprendre et, à sa mort, le voile du Temple se déchire, les pierres se fendent et les morts ressuscitent.
Il meurt, mais il fait vivre et par sa mort il détruit la mort.
Il est enseveli, mais il ressuscite.
Il descend aux enfers, mais il en ramène les âmes de justes, il monte aux cieux et il viendra juger les vivants et les morts et confondra les faux raisonnements de certains.
Si donc il y a dans l'Ecriture des textes qui sont pour vous une occasion d'erreur, il y en a d'autres qui doivent faire cesser votre erreur.
Au nom du Christ nous vous adressons l'exhortation et la prière que voici : " Réconciliez-vous avec Dieu et n'éteignez pas l'Esprit ", ou plutôt que le Christ se réconcilie avec vous, que l'Esprit, bien que tardivement, vous éclaire !
S. Grégoire de Nazianze (IVème siècle), Discours 29,19-21.



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